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Au cœur de la Picardie, le Musée de la coopération franco-américaine

mardi 27 juin 2017

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  • Blérancourt, musée franco-américain du château de Blérancourt
    Portrait de Lindberg, Kapsner Ch.,Blérancourt, musée franco-américain du château de Blérancourt
    Photo (C) RMN-Grand Palais (Château de Blérancourt) / Gérard Blot

Après une fermeture de 11 ans, le Musée National de la Coopération Franco-Américaine ouvrira ses portes le 4 juillet 2017


Le château de Blérancourt, une histoire singulière


Le château de Blérancourt a été construit entre 1612 et 1619 probablement par l’architecte français Salomon de Brosse pour la famille Potier de Gesvres. Cette vaste résidence de campagne était située au milieu d’une terrasse artificielle a laquelle on accédait par un pont et un portail monumental. Elle comportait un corps de logis central, flanqué de deux ailes ainsi que deux petits pavillons détachés du bâtiment central. Délicatement ornés, ils constituaient la nouveauté et l’originalité de ce château.

 

A la Révolution française, le bâtiment principal a complètement été détruit. Seuls le portail monumental et les deux pavillons de la terrasse ont été préservés.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, le château est dans un état d’abandon et la végétation y a repris ses droits. En juillet 1917, le château devient le quartier général d’une organisation humanitaire composée de femmes américaines dirigée par Anne Morgan,  fille du banquier John Pierpont Morgan. L’organisation vient en aide aux populations civiles de l’Aisne durement éprouvées par trois années de guerre. Logées dans des baraquements, les volontaires américaines sillonnent la région en voitures Ford-T pour porter secours aux villages isolés. C’est un château en ruine qu’Anne Morgan rachète en 1919.
Fondatrice du musée, cette citoyenne des États-Unis d’Amérique, amoureuse de la France, a dédié la plus grande partie de sa vie à renforcer l’amitié entre la France et les États-Unis.


La création du musée

En 1924, Anne Morgan fait appel à l’architecte Jean Trouvelot pour mener à bien des travaux de restauration du pont, du portail, de la terrasse et des deux pavillons avancés du château de Blérancourt. Dans le pavillon Sud, on aménage des salles d’exposition qui accueillent les premières manifestations organisées par l’association des Amis de Blérancourt. Ce pavillon se révèle rapidement trop exigu pour loger les activités du musée.
Aussi, en 1928, l’association décide de restaurer l’aile nord de l’ancien corps de logis pour construire un véritable musée. Celui-ci s’appuie sur des murs anciens, mais le couronnement, les voutes, les décors sont recréés en 1930.
Dédié à la mémoire d’Anne Murray Dike médecin américain et amie d'Anne Morgan, celui-ci est consacré à la guerre d’Indépendance américaine.
En 1938, un second pavillon est reconstruit à l’emplacement du pavillon d’angle sud. Surnommé « pavillon des volontaires », il accueille les souvenirs des volontaires américains pendant la grande guerre, en particulier une ambulance de l’American Field Service.

Le musée est alors conçu comme un mémorial franco-américain se présentant sous la forme d’un dyptique, racontant les deux grands moments de l’amitié franco-américaine : l’engagement de la France aux côtés des Insurgent américains dans leur lutte pour l’Indépendance et la solidarité américaine pendant la Première Guerre mondiale aux côtés des poilus français.


Rénovations et restaurations

En 1989, le musée connaît une rénovation majeure : l’aile sud fait l’objet d’une extension qui est confiée aux architectes Yves Lion et Alan Lewitt. Le nouveau bâtiment s’intègre harmonieusement aux constructions existantes sur le site dont il respecte la volumétrie et les matériaux. L’aménagement intérieur s’organise autour d’une grande cimaise en sycomore qui dessine un parcours fluide. Les matériaux, marbre et sycomore américain, contribuent à donner une atmosphère apaisante aux volumes qui sont largement éclairés par la lumières naturelle : d’ingénieuses ouvertures des soubassements offrent des échappées sur la nature environnante.


Un projet architectural d’agrandissement

Après la première extension du musée de 1989, la nécessité d'agrandir les espaces dédiés aux collections permanentes et de créer une salle d'expositions temporaires a engendré une seconde phase de rénovation et d’agrandissement. Ce projet a été confié aux architectes Yves Lion et Alan Lewitt, auteurs de la première phase du projet de l’extension du Pavillon Florence Gould.
La nouvelle présentation intègre les vestiges archéologiques majeurs mis à jour pendant les travaux. Elle s’attache à mieux faire connaître les liens unissant la France et les États-Unis, grâce à des documents historiques, objets et œuvres d’art, ainsi que des vidéos qui témoignent de ces relations du XVIe siècle à nos jours. Les thématiques mises à l’honneur seront : le Siècle des Lumières et le soutien français à la Guerre d’Indépendance, les deux Guerres mondiales et les échanges artistiques.