fr en
Le magazine

L'Agence photographique, acteur de la conservation du patrimoine

mardi 17 janvier 2017

Partager sur :

  • Emulsion déchirée, recroquevillée sur elle-même
    Emulsion déchirée, recroquevillée sur elle-même
    Couronnement de l'église Notre-Dame-du-Saint-Cordon, Maurice Bauchond, 1897 (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Emulsion déchirée
    Emulsion déchirée
    Défilé de carnaval et fanfare. Fanfare de la ville de Denain, Maurice Bauchond (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Miroir d'argent
    Miroir d'argent
    Gendarmes et infirmières allemands, Maurice Bauchond, 1915 (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Plaque cassée avec champignons sur l'émulsion
    Plaque cassée avec champignons sur l'émulsion
    Procession de la Sagesse, Maurice Bauchond, 1897 (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Plaque cassée
    Plaque cassée
    Soldats allemands se préparant à l'exercice, Maurice Bauchond, 1915 (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Emulsion mal fixée, la retouche a permis de révéler l'image
    Emulsion mal fixée, la retouche a permis de révéler l'image
    Médecins et infirmières au chevet d'un soldat à l'hôpital, Maurice Bauchond, 1915 (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)
  • Stéréoscopie
    Stéréoscopie
    Blessés de guerre à l'atelier vannerie, Maurice Bauchond (Photo (C) RMN-Grand Palais / image RMN-GP)

En 2013, le musée des Beaux-Arts de Valenciennes a sollicité l’Agence photographique de la Rmn-GP afin de numériser un fonds de photographies inédites de Maurice Bauchond, dans le cadre des commémorations liées à la Grande Guerre. 

Le photographe Maurice Bauchond

Né en 1877 à Valenciennes, Maurice Bauchond manifeste dès ses jeunes années un intérêt pour le patrimoine ; il collectionne les objets anciens, les livres et la photographie. Du fait de son état de santé, il n’est pas mobilisé lors la Première guerre mondiale, ce qui en fait un témoin privilégié de l’occupation allemande de Valenciennes à partir de 1916.
Avocat de profession, il fut aussi un des membres fondateurs du Cercle Archéologique et Membre de la commission du musée des Beaux-Arts de Valenciennes de 1912 à 1940.

Le fonds de photographies

Pour la plupart, les sujets concernent la ville de Valenciennes au tournant des années 1900 et son occupation par les Allemands à partir de 1916. Ce fonds constitue une ressource documentaire pour l’histoire locale mais aussi la « Grande Histoire » : photographies de voyages et de vacances offrent un témoignage inestimable sur des œuvres disparues, comme par exemple un cliché montrant des sculptures du musée des Beaux-Arts de Rennes détruites pendant la Seconde guerre mondiale.
L’ensemble du fonds photographique est composé de 1031 négatifs et positifs sur plaques de verre, quatre daguerréotypes et d’une série de tirages concernant la vie du musée des Beaux-Arts de Valenciennes pendant la Grande Guerre. 
Malheureusement, jusqu’alors, toute cette richesse était inexploitée et en danger de disparition.

La mission de sauvegarde par le laboratoire de l’Agence photographique

Pour des raisons de conditionnement, le musée n’a confié à l’Agence photographique que 705 plaques de verres et quatre daguerréotypes. Ces supports très fragiles ont nécessité de la part du musée une préparation soigneuse afin de transporter dans les meilleures conditions les plaques de verre de Valenciennes à Paris.
A leur arrivée à l’Agence photographique en 2014, les plaques de verre ont été confiées au laboratoire numérique, qui avant de numériser les documents, a établi un état des lieux : 

► quatre types de supports photographiques :
   - négatifs sur plaques de verre
   - stéréoscopies
   - diapositives monochromes sur verre (positifs)
   - daguerréotypes

► constat de conservation des documents originaux : 
  - altération de l’émulsion : décollement d’émulsion, émulsion déchirée ou détachée, champignons, sulfuration (image mal fixée), miroir d’argent
   - altérations du verre : plaques cassées, rayées

Ce constat incitait fortement à la conservation des documents, car sans intervention, ils risquaient de disparaître : en effet, une image mal fixée continue d’évoluer et termine sa vie noire ou blanche.
Au vu de la fragilité des documents, le laboratoire a fait le choix d’utiliser un banc de reproduction à dos numérique plutôt qu’un scanner. En effet, l’acquisition par un banc de reproduction est plus rapide par rapport à un scanner, il est rétroéclairé, diffuse une lumière homogène et n’émet pas de chaleur ce qui évite l’altération du document.
Il a fallu quasiment une semaine pour acquérir l’ensemble des fichiers bruts, puis un mois pour les travailler. Ainsi, la retouche a révélé des images invisibles sur les négatifs. Les objets photographiques numérisés, comme des constats d’œuvre, sont conservés sur notre serveur mais seuls les fichiers travaillés sont visibles sur le site de notre agence.
La numérisation des documents a donc permis la sauvegarde, à l’instant T, des photographies de Maurice Bauchond.

Le travail documentaire

Le service de la documentation avait désormais 705 photographies inédites : qu’en faire sans légende ? 
Les fichiers ont donc été envoyés à l’équipe du Musée de Valenciennes : grâce aux images numériques qui lui permettaient enfin de voir les œuvres, la chargée d’étude documentaire a pu légender les documents sans avoir à les manipuler et donc risquer de les dégrader. Une fois ce travail effectué, les légendes transmises à la documentation de l’Agence photographique ont pu être saisies et les photographies de Maurice Bauchond mises à la disposition du public sur le site de l’Agence photographique. 
Depuis, le musée de Valenciennes a pu compléter ses propres légendes, des Valenciennois l’ayant contacté en reconnaissant des aïeux sur les photographies.

La numérisation a sauvé ce patrimoine et lui a redonné vie.

Les tirages photographiques et les plaques de verre restantes devraient faire l’objet d’un voyage entre Valenciennes et Paris en 2017 afin de terminer la numérisation du fonds de Maurice Bauchond.