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Danse serpentine

vendredi 24 février 2017

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  • Loïe Fuller dansant, vue de profil droit, Harry C. Ellis, musée d'Orsay
    Loïe Fuller dansant, vue de profil droit, Harry C. Ellis, musée d'Orsay
    Photo (C) RMN-Grand Palais (musée d'Orsay) / Droits réservés

Une révolution dans les arts de la scène.

Mary Louise Fuller, dite Loïe Fuller, artiste américaine, est née à Hinsdale dans l’Illinois le 15 janvier 1862 et morte à Paris le 2 janvier 1928.
Pionnière de la danse moderne dont elle découvre les fondements le soir du 16 octobre 1891, au cours de la pièce Quack Medical Doctor à Holyoke, dans le Massachussetts.
Revêtue d’une longue chemise de soie blanche, elle improvise de grands mouvements pour interpréter une femme sous hypnose. Le public est subjugué et croit voir « Un papillon ! Une orchidée ! ».

Lumières et mouvements : Danse Serpentine

Elle crée sa première chorégraphie intitulée la Danse serpentine, au Park Theatre de Brooklyn à New York le 15 février 1892. La représentation connaît un succès retentissant. Dès lors, l’artiste libère une  créativité qui va révolutionner le monde du spectacle de la danse. Elle fait preuve d’inventivité chorégraphique en mettant au service du mouvement la lumière électrique. Loïe Fuller met en place une scénographie incroyable, totalement novatrice. Elle tournoie sur un carré de verre éclairé par-dessous, sculptée par des faisceaux de dizaines de projecteurs latéraux, noyée dans des flots parfois de centaines de mètres de tissu léger. Elle se métamorphose par la couleur et emplit l’espace scénique de ses formes lumineuses en mouvement. Grâce à des jeux de miroirs, elle démultiplie son image à l’infini. Elle élabore elle-même les sels phosphorescents appliqués sur ses costumes et les dispositifs d’éclairage dont elle dépose les brevets.

Loïe Fuller, artiste de la Belle Epoque

Loïe Fuller vient à Paris, elle est engagée aux Folies Bergères par le directeur artistique Edouard Marchand. Elle provoque un raz de marée dans la sphère artistique.
Mallarmé parle d’elle comme d’un « exotique fantôme » car sa danse mêlait « une ivresse d’art et, simultané, accomplissement industriel ». Le sculpteur Pierre Roche lui dédie sont livre illustré de gypsotypiesen 1904, il définissait Loïe Fuller  comme « Un être qui n’était que lumière, or et gaze ».
Elle bouscule l’univers de la danse en offrant de nouvelles perspectives artistiques.
La danseuse amplifie les mouvements, sinueux  et continus et vêtue de dizaine de pans de soie, les bras prolongés par des baguettes de bois, elle inaugure une nouvelle ère de la danse. Elle incarne des formes ondoyantes en perpétuelles métamorphoses, elle varie la colorimétrie des éclairages permettant de passer de la monochromie à la polychromie. Dans la même veine, elle crée trois nouvelles chorégraphies La Danse fluorescente en 1901, La Dame phosphorescente en 1903 et La Tragédie de Salomé en 1907.

Elle contribue à faire connaître sa compatriote Isadora Duncan qui va l’éclipser en 1902. Dans le milieu de la danse, elle devient rapidement la référence marquant un point d’articulation entre le music-hall, la performance et la danse moderne. Beaucoup imitée, elle restera la  pionnière de la danse contemporaine.
Loïe Fuller a inspiré de nombreux artistes, écrivains et scénaristes: rêveuse, alanguie son corps devient un fantasme et traduit l'obsession de l'Art Nouveau.
 

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